Gérard Wirtz-Risse

 

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Résumé de l'interview

 

Gérard Wirtz-Risse est né le 25 janvier 1932 à Épinal (Vosges). Après des études de banque puis son entrée comme "rédacteur" (attaché de Direction) à la Banque de France, il est convoqué au service militaire (18 mois à l'époque) à la fin de son sursis pour partir en Algérie avec le contingent 55/2B. Il était déjà breveté para car il avait suivi une préparation militaire parachutiste en 1952 pour prolonger son sursis. Dès son incorporation, il est envoyé à St Mexant suivre la formation des Élèves officiers de réserve d'où il sort major (stage 603/1956). Puis c'est l'École d'application d'infanterie pendant six mois, où il suit les cours d'un jeune lieutenant instructeur qui deviendra Chef d'État-Major des Armées, Maurice Schmitt, lequel rentrait d'Indochine. Au sortir de l'EAI, le sous-lieutenant Wirtz est affecté sur sa demande à la BCCP à Bayonne et rejoint le CITPC, le Centre d'Instruction et de Transit des Parachutistes Coloniaux.

 

Premier trimestre 1957, Gérard Wirtz rejoint le 2e RPC de Château-Jobert, qui venait de rentrer d'Égypte (Affaire de Suez), et arrive en Algérie. Début avril, quelques jours avant la date de sa fin de service, Chateau-Jobert, qui avait laissé le 2 au colonel Fossey-François pour prendre le commandement de la brigade, vient faire une inspection. Il rencontre le sous-lieutenant Wirtz, futur libérable, et lui dit : "Alors, tu as fait ta demande pour devenir ORSA ?" (officier de réserve en situation d'activité). "Regarde Bigeard, il vient aussi de la banque. Signe, et si tu veux vraiment retourner à la Banque de France, tu pourras toujours le faire à la fin de ton contrat". Wirtz signa.

 

1958, le sous-lieutenant Wirtz devient lieutenant d'active et retourne à Bayonne après deux ans de service en Algérie où il avait été blessé et cité deux fois. Puis stage d'application des fantassins à St-Mexant.

 

1959, deuxième séjour en Algérie pour suivre le stage de contre-guérilla à Arzew, au CIPCG, le pendant de celui de Bigeard à Philippeville "mais comme j'étais de carrière, lieutenant deux barrettes avec déjà deux ans de service et mes citations, au millieu de ces jeunes stagiaires inexpérimentés, je dois dire que j'étais plus souvent à la plage que dans les salles de cours". A l'issue du stage, il est envoyé au PC de la zone opérationnelle des Ksour (sud oranais) de Bigeard à Aïn Sefra.

 

Puis c'est le drame. Gérard Wirtz, accompagnant le capitaine Chabanne à Alger pour y apporter la fameuse déclaration d'Aïn Sefra de Bigeard à la Radio, est arrêté en même temps que lui. Même motif, même punition : soixante jours d'arrêts de rigueur (qu'il ne fit pas), retrait des troupes parachutistes et mutation en février 1960 au 8e RIMa (devenu le 8e RIC) à Chedallah, commandé par le colonel Portal, lequel lui dit : "Votre punition, Wirtz, on verra cela plus tard".

 

1961 - 1964, séjour à Madagascar puis retour à Paris en février. "J'arrivais avec ma femme et mes trois enfants en short et chemisette, c'était l'été là-bas, on se pose à Orly, il faisait -20°". La famille s'installe à Mont-de-Marsan et Gérard Wirtz rejoint le 6e RPIMa comme capitaine commandant la compagnie d'appui. Le 20 novembre, aniversaire de l'Opération Castor, il arrive à l'aérodrome militaire de Toulouse-Francazal pour sauter avec sa compagnie et tombe sur Bigeard et Langlais qui venaient pour la même occasion. Retrouvailles !

 

Après avoir créé le champ de tir ENTAC à La Courtine (Creuse), c'est l'École d'État-Major puis le stage d'E-M à la 6e brigade mécanisée à Strasbourg. Mais "dès que j'ai pu, je me suis fait affecter au 8e RPIMa à Castres où j'ai commandé le groupement d'instruction" où il retrouve le général Bigeard qui dirigeait la Brigade.

 

Et un jour, il reçoit un coup de téléphone d'un collègue stationné à Dakak, où Bigeard, jeune général, avait succédé à Langlais comme Commandant Supérieur des Forces Terrestres au Sénégal (CSFTS) : "Bigeard veut te récupérer comme aide de camp". Il ira le rejoindre et fit la connaissance de son adjoint, le commandant Allaire, lequel fut gravement blessé en sautant sur une ligne à haute tension...

 

Retour de Dakar en juin 1970, le capitaine Wirtz est "au tableau" pour être nommé chef de bataillon et est muté à la 9e Brigade d'Infanterie de Marine à Dinan puis, une fois nommé, séjour à l'État-Major de la 1ère DB à Trèves, puis à la 10e à Châlons-sur-Marne (aujourd'hui Châlons-en-Champagne).

 

avec Antoine Carenjot, Premier assistant de production, aujourd'hui Directeur départemental de l'ONAC-VG de la Marne

 

Gérard Wirtz-Risse est nommé colonel le 4 novembre 1997.

 

 

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