Martial Chevalier

 

 

Résumé de l'interview

 

Le lieutenant-colonel (er) Martial Chevalier est né le 28 septembre 1928 à Igoville, dans le département de l’Eure. Comme il le dit lui-même, l’avenir professionnel pour un jeune garçon de 18 ans est sombre en 1946 dans sa région dévastée par la Guerre, et il s’engage dans l’infanterie coloniale, dans les blindés au 1er Régiment d'infanterie coloniale du Maroc, à la recherche de l’action :  « un idéal : l’armée, l’aventure, les paras ».

Après un premier séjour en Indochine de 1947 à 1949 au sein du RICM (renommé pour l'occasion Régiment d'infanterie de chars de marine) avec Jean Herraud, il est envoyé faire des études militaires de chancellerie, puis est affecté début 1952 au 6e BPC du commandant Bigeard, assisté du lieutenant Porcher, à Saint-Brieuc après avoir été breveté parachutiste à Vannes-Meucon. Là, il prépare l'embarquement du bataillon à bord du Skaugoum à Marseille.

 

Arrivée à HanoÏ, le 6 s'installe au Séminaire, où Martial Chevalier prend en charge le secrétariat du bataillon.

 

Le Séminaire de Hanoï, base arrière des bataillons qui rentraient d'opérations.

 

Sous-officier chargé des affaires administratives, il ne quittait pas d'une semelle (de Rangers) son commandant d'unité et sauta donc deux fois sur Diên Biên Phu avec sa machine à écrire Hermes Baby "et une demi-rame de papier" en bandoulière. "Dans les déplacements en avion, il y avait Bigeard, puis derrière lui son radio et Martial Chevalier".

 

"Bruno" et son secrétaire au Laos

 

Il fut blessé pendant les combats ("J'ai pris un 122 sur la gueule, j'ai été blessé à la jambe, c'était rien"). Le 7 mai, c'est la séparation. Chevalier donna à Bigeard une demi-barre de chocolat et un paquet de cigarettes "que j'avais piqué à Langlais" (sic).

 

Bigeard et Langlais au soir du 7 mai 1954

 

Libéré en août 1954, il est envoyé se refaire une santé au Dépôt des Isolés des Troupes Coloniales de Marseille (DITC, aujourd'hui DITOM). "Je faisais 32 Kg quand je suis arrivé". Puis est "récupéré" par Marcel Bigeard pour le rejoindre au 3e RPC nouvellement créé à Bône (Algérie), où il participa à toutes les opérations, secrétaire ou pas secrétaire, les deux autres "administratifs" étant le photographe Marc Flament et le dessinateur Bourgevin.

 

Suite à l'incident de la déclaration d'Aïn-Séfra, Marcel Bigeard est sanctionné de soixante jours de forteresse qu'il était censé faire à Marseille au DITC, il rentre d'Algérie à Toul en attendant son ordre de rejoindre le DITC mais Martial Chevalier, qui était venu le voir, l'en dissuada en lui disant : "vous feriez mieux d'aller à l'hôpital, mon colonel" (hôpital de Nancy, d'où Bigeard en sorti avec une pension d'invalidité) puis "Bruno" est envoyé en 1960 à Bouar, en République centrafricaine, commander le 6e RIAOM accompagné de "son fidèle Chevalier" ("Il y avait beaucoup de Chevalier à cette époque-là dans l'armée, mais il n'y en avait qu'un qui était martial"), qu'il récupéra de justesse alors que celui-ci était théoriquement en partance pour Madagascar.

 

L'entrée du camp Leclerc à Bouar avant l'arrivée du tandem Bigeard/Chevalier

 

A Bouar, on construit des chapelles, des mess, des piscines, on se bat contre les guêpes et les frelons, et on reçoit la visite d'un Contrôleur général des armées et d'un certain général Bokassa.

 

La piscine du Camp Leclerc à Bouar dans les années 60

 

Le camp Leclerc aujourd'hui

 

Fin 1964, l'adjudant-chef Martial Chevalier est détaché du 6e RPiMa, où il avait été affecté à son retour de RCA, pour répondre à la convocation du futur général Bigeard, nommé commandant de la 25e BP à Pau, où celui-ci commencera par le faire passer officier le 1er janvier.

 

Puis ce fut un séjour à Nouméa.

 

Le lieutenant-colonel Martial Chevalier, Commandeur de la Légion d'Honneur, Médaillé militaire, Officier de l'Ordre National du Mérite, est décédé le 13 juillet 2018.

 

 

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